16 juillet 2012

La qualité de l’air en 2012 est-elle plus mauvaise que les années précédentes ?

Au cours du premier semestre, Madininair a enregistré 12 indices ATMO 10, l’indice maximal correspondant à un air très mauvais. 22 procédures d’information ou alerte à la pollution de l’air ont également été déclenchées. Tous ces épisodes de pollution de l’air sont liés à des concentrations élevées de particules fines dans notre air, d’origine anthropique (trafic routier, activité industrielle, etc) et d’origine naturelle (brume de sable désertique).

L’air en 2012 est-il plus chargé en particules fines ?

La réponse n’est pas si évidente. En effet, derrière ces chiffres à tendance plutôt négative se cachent un changement important : au 1er janvier 2012, les seuils sanitaires des particules fines ont été abaissés. Le seuil d’alerte est passé de 125 ug/m3 à 80 ug/m3 et le seuil d’information et de recommandation est passé de 80 à 50 ug/m3. Cet abaissement a eu un impact direct sur l’échelle de l’indice ATMO. L’indice 10 sur l’échelle ATMO ne correspond plus au dépassement du seuil de 125 ug/m3 en particules fines mais à celui de 80 ug/m3. Idem pour l’indice 8 qui n’est plus déclenché lorsque des concentrations en particules fines sont comprises entre 80 et 99 ug/m3 mais lorsqu’elles sont comprises entre 50 et 64 ug/m3. Conséquence : les indices se sont donc mécaniquement dégradés au 1er janvier 2012.

Ci-dessous une comparaison des indices enregistrés au cours du 1er semestre 2012 selon les 2 méthodes de calcul : premièrement à partir de la nouvelle échelle mise en place au 1er janvier 2012 et deuxièmement, à partir de l’ancienne échelle utilisée jusqu’au 31 décembre 2011. Logiquement, il apparaît qu’avec la nouvelle échelle, les indices supérieurs à 8 sont plus fréquents du fait de cet abaissement des seuils.

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Alors, la récurrence d’indices de la qualité de l’air mauvais et très mauvais depuis le début d’année est-elle seulement liée à l’abaissement des seuils pour les particules fines ?

La réponse est non. Au cours du premier semestre 2012, Madininair a fréquemment relevé des concentrations élevées en particules fines, dépassant les normes sanitaires (principalement la valeur limite égale à 50 ug/m3).
L’association a déjà enregistré au 30 juin 2012, sur ses stations urbaines et périurbaines, 39 jours de dépassements du seuil de 50 ug/m3 pour les particules fines (PM10) alors que règlementairement seuls 35 dépassements sont autorisés par an. Ce chiffre place 2012 parmi les années les plus impactées par la pollution de l’air. En effet, en 2009 et 2011, 35 jours de dépassements de 50 ug/m3 ont été comptabilisés sur l’année entière. Et en 2010 qui fait référence d’année record jusqu’à ce jour, 46 jours de dépassements de la valeur 50 ug/m3 ont été recensés sur l’année. Il s’avère donc que l’année 2012 est proche d’être une nouvelle année record.
Les conclusions restent identiques en regardant les dépassements journaliers de la valeur 80ug/m3 pour les particules fines : 5 jours de dépassements comptabilisés en 2009 et 2011, 16 jours en 2010. Or en 2012, de janvier à juin, il y a déjà eu 10 jours de dépassements de 80 ug/m3.
Toutefois, en 2012, aucune concentration journalière supérieure à 125 ug/m3 pour les particules fines n’a été relevée. Cette année n’est donc pas un record en terme de valeur maximale. Le maximum sur 24h reste 167,3ug/m3 mesuré le 15 mai 2007.

Au cours de ce premier semestre, c’est le mois de juin qui a été le plus impacté par les particules fines. Juin 2012 a enregistré, à lui seul, le chiffre record de 18 jours de dépassements de 50 µg/m3. Jusqu’alors, le nombre de jours maximum de dépassements de la valeur de 50 µg /m3 par mois avait été atteint en juin 2011 (16 jours de dépassements). Le mois de juin 2012 est également un mois record en terme de concentration. En effet, il enregistre la concentration moyenne mensuelle maximale de 57µg/m3 (concentration moyenne mensuelle calculée sur la base des concentrations moyennes de stations participantes au calcul de l’indice ATMO). Auparavant, la concentration moyenne mensuelle la plus élevée avait été enregistrée en juin 2006 (52µg/m3).

Vers une année record de pollution en particules fines ?

Les indicateurs du premier semestre sont donc dans le rouge et laissent présager d’une année exceptionnellement chargée en particules fines. Cependant, une majorité des dépassements relevés de janvier à juin est corrélée à des épisodes de brume de sable saharienne qui véhiculent des poussières désertiques. Or le phénomène de brume est toujours plus actif d’avril à juillet. Le premier semestre est donc habituellement plus touché par des dépassements que le second semestre. La qualité de l’air de juillet à décembre sera donc déterminante pour le bilan de l’année entière 2012.



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