Patrimoine, biodiversité et odorat : retour sur la Minute Internationale des Odeurs 2026

Le 10 juin 2026 à 10 h 06, la Martinique a participé pour la troisième année consécutive à la Minute Internationale des Odeurs (MIO). Coordonnée au niveau national par Atmo Normandie et déployée localement par Madininair, cette édition a pris une dimension particulière grâce au partenariat noué avec le Parc Naturel Régional de Martinique (PNRM) et l’association Anosmie.org.

Placée sous le thème des patrimoines olfactifs, cette édition a permis de mettre en lumière les odeurs qui façonnent notre identité, nos paysages et nos souvenirs, tout en sensibilisant petits et grands au rôle essentiel de l’odorat.

Une minute pour raconter la Martinique… par ses odeurs

Le principe de la Minute Internationale des Odeurs est simple : prendre une minute pour sentir son environnement et décrire l’odeur perçue.

Cette année, 141 témoignages ont été recueillis en Martinique.
Les odeurs les plus souvent citées sont :

  • la canne à sucre ;
  • le chocolat ;
  • le basilic ;
  • la mer et les sargasses.
    Ces résultats dessinent un véritable portrait olfactif de la Martinique. La canne à sucre apparaît comme l’un des marqueurs les plus forts de notre patrimoine sensoriel. D’autres odeurs évoquent le jardin créole, les plantes aromatiques, les épices ou encore les paysages côtiers.

La présence conjointe de la mer et des sargasses rappelle également que notre patrimoine olfactif évolue avec notre environnement et les réalités vécues par les habitants.

Plus de 500 enfants sensibilisés à l’odorat

À l’occasion de cette édition, Madininair et Anosmie.org ont souhaité sensibiliser les plus jeunes à travers des ateliers organisés dans six écoles maternelles de Martinique.

Au total, plus de 500 élèves, de la petite à la grande section, ont découvert le fonctionnement de l’odorat grâce à des activités adaptées à leur âge.

Ils ont notamment pu :

  • reconnaître différentes odeurs locales (citron, menthe, vanille, basilic, casse du canéficier…),
  • comprendre les conséquences d’une perte de l’odorat,
  • expérimenter la rétro-olfaction [1] en dégustant du chocolat aromatisé le nez bouché,
  • apprendre que certaines odeurs peuvent signaler un danger, comme un début d’incendie ou des émissions polluantes.
    Les ateliers se sont terminés par la lecture du conte Pitchoum le clown, ça sent le brûlé ! d’Ann Rocard.

Face à l’enthousiasme suscité, ces animations ont également été proposées au Mercredi du Jeu organisé par le Musée du Père Pinchon, où 27 familles ont pu vivre cette expérience sensorielle.

Une immersion au cœur des odeurs des forêts martiniquaises

Pour prolonger cette édition consacrée aux patrimoines olfactifs, Madininair, le PNRM et Anosmie.org ont proposé une balade olfactive au Domaine d’Émeraude.

Après une présentation du botaniste José Duranty, chargé de mission au PNRM, les participants sont partis explorer les odeurs caractéristiques des forêts martiniquaises.

Courbaril, menthe poivrée, poivre rose, clou de girofle… feuilles, fleurs et fruits ont permis aux participants d’exercer leur odorat tout en découvrant la richesse de la biodiversité locale.

Cette immersion a également été l’occasion de rappeler que les odeurs jouent un rôle essentiel dans les écosystèmes et que la pollution de l’air peut perturber les équilibres naturels, notamment en affectant les insectes pollinisateurs.

La matinée s’est conclue par de nouveaux ateliers autour de la rétro-olfaction, dans une ambiance conviviale et riche en découvertes.

Les odeurs, un véritable patrimoine à préserver

Au-delà de son caractère ludique, la Minute Internationale des Odeurs rappelle que les odeurs font partie intégrante de notre patrimoine culturel, naturel et sensoriel. Elles racontent nos paysages, notre histoire et notre quotidien.

À travers cette opération, Madininair poursuit également sa mission de sensibilisation autour des odeurs, en complément des actions menées dans le cadre de l’Observatoire des odeurs, qui permet aux habitants de signaler les nuisances odorantes et contribue à une meilleure connaissance de notre environnement.

Une nouvelle démonstration que sentir, observer et partager nos perceptions constitue aussi une manière de mieux comprendre et préserver notre cadre de vie.